Arthroplastie du genou : indications, intervention et rééducation
L’arthroplastie du genou est devenue une véritable avancée en médecine. Développée dès les années 1960, cette intervention a rendu possible une vie pleine de mobilité à des milliers de patients souffrant d’arthropathies sévères.
Bien sûr, tout le monde ne peut accéder à une prothèse du genou en raison du coût et des contre-indications potentielles, mais il est essentiel de connaître les particularités de cette opération avant de s’engager.
Qu’est-ce qu’un endoprothèse ?
Qu’est-ce qu’une endoprothèse ? Il s’agit d’un implant articulaire artificiel destiné à remplacer le genou. Il est posé au cours d’une intervention chirurgicale et reproduit la géométrie de l’articulation. Le plus souvent, les ligaments périphériques sont préservés ; l’articulation artificielle permet de fléchir et d’étendre le membre sans douleur à chaque mouvement. Progressivement, le patient peut reprendre des charges et des activités physiques adaptées.
Les prothèses du genou représentent une révolution en orthopédie. La durée moyenne de vie d’un implant est de l’ordre de 10 à 12 ans. Au terme de cette période, un remplacement, une révision de position ou une ré-immobilisation à l’aide d’un ciment osseux peuvent être nécessaires.
Indications
L’arthroplastie est précédée d’un bilan complet. L’examen clinique, les analyses et l’évolution des symptômes sont évalués. Les principales indications de remplacement du genou sont :
- modification de l’axe et de la conformation du genou ;
- traumatismes sévères ayant déformé les éléments articulaires ;
- douleurs intenses à la mobilisation du genou ;
- arthrites ou arthroses avancées provoquant une destruction articulaire ;
- lésions ligamentaires entraînant une instabilité du genou.
La prothèse totale du genou est souvent la solution pour rétablir une fonction indolore. Lors de l’arthroplastie totale, les fragments détruits sont enlevés et remplacés par des composants en matériaux biocompatibles, les alliages de titane étant parmi les plus utilisés actuellement.
Risques
Comme toute intervention, l’arthroplastie du genou comporte des contre-indications et des risques. Les contre-indications classiques concernent les patients multi-allergiques, ceux souffrant de pathologies cardiaques, pulmonaires sévères ou d’une infection locale au niveau du site opératoire.
Parmi les complications possibles figurent le risque thromboembolique, l’infection de la plaie, une perte sanguine importante peropératoire et la décompensation de maladies chroniques pendant la période de convalescence.
La pose de la prothèse
L’arthroplastie du genou n’est pas un acte réalisé à la légère : elle nécessite une préparation approfondie et une mobilisation importante pour la phase de récupération qui suit l’opération.
Préparation
La chirurgie du genou est programmée après des bilans complets. Quelques jours avant l’intervention, le patient entre en hospitalisation pour réaliser les examens nécessaires. Des prélèvements sanguins sont effectués et, si indiqué, une préparation transfusionnelle autologue peut être mise en place : du sang est prélevé 3 à 4 jours avant l’opération afin de pouvoir le retransfuser si besoin, limitant ainsi le risque d’incompatibilité ou d’infection transfusionnelle.
Les contre-indications sont vérifiées et, si les paramètres biologiques sont normaux, le patient est préparé au bloc opératoire. Il doit rester à jeun au moins 12 heures avant l’intervention afin d’assurer un estomac vide et un intestin propre.
Intervention
La procédure de remplacement du genou commence par une incision longitudinale sur la zone opérée. Les surfaces cartilagineuses altérées sont retirées à l’aide d’instruments spécifiques. Les composants prothétiques sont ensuite fixés aux extrémités fémorales et tibiales, le plus souvent à l’aide d’un ciment osseux, bien que des techniques sans ciment existent également selon l’implant choisi.
Une fois les éléments en place, les ligaments sont réparés ou équilibrés, la plaie est suturée et un drain est souvent mis en place pour évacuer les liquides post-opératoires. Un pansement compressif est posé, puis le patient est transféré en unité de surveillance.
Rééducation
L’arthroplastie du genou est une opération lourde qui exige plusieurs mois de rééducation pour un rétablissement complet. Les premières étapes consistent à réapprendre l’appui et la mobilisation du membre. Les premiers jours, le patient est étroitement surveillé et des contrôles biologiques sont répétés pour évaluer la tolérance à l’implant. Un traitement antalgique est instauré, puis allégé progressivement lorsque la douleur diminue.
Les déplacements au début sont limités : courtes promenades dans la chambre puis de petites sorties en extérieur avec l’aide d’un déambulateur. Des anticoagulants sont prescrits pour réduire le risque de thrombose. Les fils sont retirés au bout d’environ deux semaines puis des cannes sont utilisées temporairement.
La kinésithérapie active devient centrale pour assouplir et renforcer le membre ; des exercices spécifiques accélèrent la prise en charge fonctionnelle de l’articulation artificielle.
Au fil des semaines, la prise en charge permet au patient de réduire puis d’abandonner progressivement les aides à la marche. Après quelques mois, la plupart des patients retrouvent une marche autonome et peuvent augmenter progressivement les charges et l’activité physique. Toutefois, il convient de surveiller l’état de la prothèse régulièrement car une révision peut parfois s’avérer nécessaire avant la durée de vie théorique.
Compte tenu des risques et des contre-indications, la décision d’implanter une prothèse du genou est mûrement réfléchie. Pour beaucoup, il s’agit d’une solution déterminante pour retrouver la mobilité et la qualité de vie ; la majorité des implants offre au patient au moins une dizaine d’années d’amélioration fonctionnelle et de confort.
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