Bloc paravertébral : indications, technique et précautions
La douleur aiguë d’origine rachidienne nécessite une prise en charge immédiate.
Sans intervention rapide, la douleur persistante peut entraîner des troubles psychogènes qui, ajoutés aux symptômes cliniques, compliquent considérablement le traitement ultérieur. Le bloc paravertébral est l’une des méthodes les plus rapides et efficaces pour contrôler la douleur rachidienne.
C’est une technique relativement moderne visant à obtenir un soulagement régional et une diminution du syndrome douloureux au niveau de la colonne vertébrale.
Indication du bloc
L’effet anesthésiant du bloc est obtenu par l’injection de produits médicamenteux, le plus souvent de la novocaïne ou de la lidocaïne, dans la zone affectée du rachis. La concentration des agents est adaptée individuellement en fonction du site d’injection et de l’intensité de la douleur. Le bloc consiste en une injection réalisée à proximité de la sortie des racines nerveuses. Le résultat est une atténuation temporaire de la douleur, une diminution de l’œdème inflammatoire et une amélioration de la nutrition des racines nerveuses.
Par ailleurs, la procédure a une valeur diagnostique : elle aide à identifier les pathologies associées. Souvent, en raison de la douleur, le médecin peine à localiser précisément la zone inflammatoire responsable des symptômes.
Grâce au bloc paravertébral, on peut non seulement calmer la douleur, mais aussi mieux préciser l’origine des anomalies pathologiques.
Effet thérapeutique du bloc
L’effet obtenu par le bloc paravertébral repose sur plusieurs mécanismes complémentaires :
- les propriétés pharmacologiques de l’anesthésique et des autres médicaments choisis pour chaque patient ;
- la concentration du produit au plus près de la zone lésée, assurant un effet analgésique rapide ;
- des actions réflexes se produisant à différents niveaux du système nerveux suite à l’injection.
La qualité du résultat dépend largement du choix de la concentration médicamenteuse et de la précision de son apport au contact des récepteurs.
Indications médicales
Le bloc paravertébral est prescrit exclusivement par le médecin traitant, après une évaluation globale de l’état du patient et l’analyse des examens complémentaires. Les indications comprennent diverses pathologies rachidiennes, parmi lesquelles :
- ostéochondrose ;
- fractures costales ;
- traumatismes mécaniques de la colonne ;
- radiculopathie ;
- hernie discale ;
- coliques rénales ou hépatiques ;
- névralgies ;
- compression d’un nerf périphérique ;
- autres affections rachidiennes diverses.
Contre-indications
Outre les indications, la technique présente des contre-indications. Le facteur principal interdisant la réalisation du bloc est l’intolérance individuelle aux composants du mélange médicamenteux.
Il est déconseillé d’effectuer un bloc si le patient présente :
- une insuffisance cardiovasculaire, hépatique ou rénale sévère ;
- une pression artérielle basse ;
- des pathologies du système nerveux central ;
- une grossesse ;
- une infection aiguë ;
- une épilepsie ;
- un état fébrile ;
- une altération cutanée au site d’injection ;
- des foyers purulents ou inflammatoires locaux.
Technique d’exécution
Le bloc se réalise par injection au niveau du rachis et requiert un praticien qualifié, car une erreur peut entraîner des complications graves.
Préparation
Avant la ponction, la zone d’injection est désinfectée à l’aide d’un antiseptique, par exemple de l’alcool éthylique ou une solution d’iode.
Anesthésie locale
Des injections anesthésiques sont effectuées à droite et à gauche de l’épicentre douloureux à l’aide d’une fine aiguille : quatre piqûres sont généralement réalisées en s’écartant de 2 cm de la ligne médiane. On attend ensuite quelques instants pour laisser l’anesthésie se manifester.
Procédure du bloc
Pour l’injection thérapeutique, on utilise souvent une aiguille plus épaisse d’environ 10 cm. Elle traverse la peau au point anesthésié et, en avançant perpendiculairement au plan du corps, atteint l’arche vertébrale puis permet d’adresser le jet d’anesthésique en éventail autour de la racine nerveuse. L’effet analgésique survient en quelques minutes et le patient ressent une diminution sensible de la douleur, parfois jusqu’à sa disparition.
En cas de sélection adéquate des médicaments et d’exécution correcte, les complications restent rares. Des réactions allergiques, des lésions nerveuses ou vasculaires et des œdèmes peuvent toutefois survenir exceptionnellement.
Si la technique et les précautions sont respectées, le bloc paravertébral contrôle efficacement la douleur et est considéré comme sûr. Il convient toutefois de noter qu’il soulage temporairement la douleur : ce n’est pas un traitement curatif de la pathologie sous-jacente.
Durant la phase de rémission, il est essentiel d’adresser la cause par des médicaments adaptés, de la physiothérapie, des exercices thérapeutiques et des massages.
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