Endoscopie digestive haute : indications, préparation et déroulement
L’endoscopie digestive haute (également appelée œsophagogastroduodénoscopie) est une procédure visant à explorer la muqueuse de l’œsophage, de l’estomac et des premières portions du duodénum. Pour cet examen on utilise un instrument spécialisé — l’endoscope — qui permet d’observer l’intérieur des organes et, ainsi, d’aider le médecin à poser un diagnostic précis et à prescrire le traitement le plus adapté.
L’endoscope a l’aspect d’une longue sonde souple qui est introduite par la bouche du patient et guidée jusqu’au duodénum en inspectant au passage l’estomac et l’œsophage. Cela permet à l’endoscopiste de repérer des lésions qui n’avaient pas été détectées par d’autres examens.
Préparation à l’endoscopie digestive haute
Cette procédure requiert certaines précautions préalables.
Avant une endoscopie digestive haute, il est nécessaire de consulter un spécialiste qui expliquera les consignes à respecter avant l’examen, lesquelles comprennent :
- l’arrêt de certains médicaments 7 à 14 jours avant l’examen (par exemple aspirine ou suppléments de fer) ;
- le jeûne pendant 6 à 8 heures avant l’endoscopie ;
- dans la mesure du possible, vider l’estomac et la vessie juste avant la procédure ;
- éviter de fumer le jour de l’examen ;
- informer le médecin de toute réaction allergique médicamenteuse ;
- signaler l’existence de maladies ou de pathologies connues ;
- indiquer si un traitement antérieur de l’estomac a été réalisé (chirurgie, radiothérapie, traitements médicamenteux, etc.) ;
- communiquer la liste des médicaments en cours.
En outre, toute patiente doit informer le praticien d’une grossesse en cours ou d’un projet de grossesse à court terme.
Lors de la consultation, le médecin précisera également les effets possibles et quels médicaments doivent être interrompus avant l’examen. Le patient pourra être invité à signer un formulaire de consentement pour l’acte.
Objectifs et indications de l’examen
L’endoscopie digestive haute est prescrite pour détecter des maladies et des anomalies de l’estomac et du tube digestif non mises en évidence par d’autres examens. Outre le diagnostic, cet examen permet également :
- l’extraction d’objets étrangers ingérés présents dans le tractus digestif ;
- la réalisation de biopsies (prélèvement d’échantillons de tissu) pour analyses en laboratoire ;
- l’ablation de petites formations pathologiques ;
- le suivi de l’état de l’estomac et de l’intestin et le contrôle de la cicatrisation pendant et après un traitement ;
- la réalisation de gestes thérapeutiques destinés à traiter des hémorragies gastriques, œsophagiennes ou intestinales.
- détection d’inflammation de l’œsophage ;
- prise en charge de la maladie de reflux gastro-œsophagien (RGO) ;
- mise en évidence de rétrécissements de l’œsophage ;
- diagnostic de la plupart des hernies ;
- détection d’ulcères ;
- identification de diverses pathologies de la muqueuse, y compris l’œsophage de Barrett.
En plus de révéler la présence d’une maladie, l’endoscopie permet souvent d’en identifier la cause, ce qui aide le praticien à proposer le traitement le mieux adapté.
Déroulement de la procédure
Pendant toute la durée de l’examen, le patient est allongé sur le côté gauche. L’endoscopie digestive haute se réalise uniquement dans un cabinet spécialement équipé ; en plus du médecin, un assistant formé est généralement présent durant la procédure.
Actuellement, l’examen se pratique selon deux modalités destinées à réduire l’inconfort. La méthode la plus courante consiste à appliquer un anesthésique local topique qui détend les muscles du pharynx et diminue la sensibilité afin d’atténuer le réflexe nauséeux. L’anesthésique est pulvérisé à la base de la langue ou utilisé en bain de bouche/ rinçage de la cavité buccale.
Cependant, certaines structures proposent une sédation légère de courte durée permettant au patient de ne pas ressentir de douleur et de n’avoir aucun souvenir désagréable de l’examen.
Étape suivante : l’introduction de la sonde. Avant l’insertion de la sonde dans l’oropharynx, il est demandé au patient d’insérer un embout buccal de protection. Cet embout protège les dents du patient et préserve l’appareil contre d’éventuelles morsures qui pourraient endommager l’instrument.
Toute personne programmée pour une endoscopie digestive haute doit se préparer sérieusement et respecter strictement les consignes du médecin données en consultation, sans quoi l’efficacité de l’examen peut être compromise.
Il est important de choisir un établissement de qualité : consulter les avis de patients ayant déjà été pris en charge dans le service peut être utile. Le respect du jeûne est également essentiel, car même une petite quantité d’eau peut gêner la visualisation de lésions de l’estomac, de l’intestin ou de l’œsophage.
Le médecin communiquera les résultats immédiatement après l’examen ; toutefois, si des examens complémentaires ont été réalisés (par exemple biopsies), le diagnostic définitif peut nécessiter un délai d’analyse.
Contre-indications
En règle générale, il n’existe pas d’interdiction absolue à la réalisation d’une endoscopie digestive haute, mais certaines situations peuvent rendre l’examen impossible ou dangereux. Parmi elles :
- présence de pathologies empêchant le passage de l’endoscope dans le tractus digestif ;
- existence de perforations de la muqueuse ou risque élevé de perforation ;
- état clinique très grave du patient (dans ce cas, l’endoscopie n’est réalisée que si elle peut sauver la vie).
Complications possibles
Grâce aux progrès de la médecine, la majorité des endoscopies digestives hautes se déroulent sans suite, mais il peut parfois survenir des complications après la procédure. Celles-ci comprennent :
- gêne ou douleur pharyngée transitoire ;
- lésions de la muqueuse ou de la paroi des organes explorés ;
- saignements ;
- risque d’infection si la stérilisation du matériel n’a pas été rigoureuse.
Si, après l’examen, une personne présente l’un des signes ci-dessous, elle doit impérativement contacter son médecin traitant ou les services d’urgence :
- douleurs au niveau de la gorge ou de la cage thoracique ;
- troubles respiratoires ;
- étourdissements ;
- fièvre, frissons ou autres signes infectieux ;
- vomissements, en particulier s’ils contiennent du sang.
Conduite à tenir après l’endoscopie
L’effet de l’anesthésiant appliqué avant l’examen s’estompe progressivement, le plus souvent en moins d’une heure. Pendant ce temps, il est recommandé de s’abstenir de boire, de manger ou de fumer.
Il est également conseillé d’éviter la consommation d’alcool pendant 24 heures après l’examen.
Il n’est pas rare d’observer, dans les jours qui suivent l’intervention, les signes suivants :
- éructations fréquentes ;
- ballonnements abdominaux ;
- gêne ou picotements au niveau de la gorge ;
- légère enrouement ;
- sécheresse de la bouche et de la gorge.
Ces symptômes peuvent persister quelques jours.
Pour les soulager, des pastilles adoucissantes pour la gorge et des gargarismes à l’eau légèrement salée ou à l’eau additionnée d’une petite quantité de bicarbonate de soude peuvent être utiles.
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