Gastroscopie sans ingestion de sonde : méthodes et alternatives
La gastroscopie est une méthode peu invasive d’exploration de la muqueuse gastrique. Elle est largement utilisée en médecine moderne. Réalisée à l’aide d’optiques, elle permet de diagnostiquer de nombreuses affections :
- ulcère ;
- tumeurs de l’estomac ;
- cancer ;
- gastrite.
Cette technique permet également de repérer un vaisseau hémorragique ou des polypes.
Méthode de réalisation de la gastroscopie
Cet examen, comme la plupart des autres, se pratique le matin à jeun. L’alimentation doit être interrompue au moins 7 heures avant l’examen. Il est interdit de manger avant l’examen. Si le patient est très anxieux, il peut, la veille au soir (avant de dormir), prendre quelques comprimés sédatifs légers (par exemple de la valériane).
Avant le début de l’examen, le patient s’allonge sur la table d’examen sur le côté ; un embout buccal est placé entre les dents. Cela permet au médecin d’introduire librement l’endoscope. Le patient doit suivre les consignes du médecin, notamment déglutir et respirer correctement. Après l’examen de la muqueuse gastrique, le médecin émet son compte rendu, donne des recommandations et prescrit le traitement approprié. Si nécessaire, des examens complémentaires, des photographies et une biopsie sont réalisés. L’ensemble de la procédure dure environ 5 minutes et les complications sont rares.
Il existe deux méthodes d’anesthésie pour cet acte.
- Anesthésie locale.
- Anesthésie générale.
Avant une anesthésie locale, on pulvérise l’arrière-gorge, la cavité buccale et la base de la langue avec un produit anesthésiant. Cela réduit la sensibilité et rend la procédure indolore. Pendant l’examen, le patient reste éveillé. Cette modalité est pratiquée chez l’enfant à partir de 6 ans et chez l’adulte.
Lors d’une anesthésie générale, l’anesthésiste administre une injection. Le patient dort et ne ressent rien. Cette anesthésie est utilisée chez l’enfant de moins de 6 ans et chez les personnes présentant des troubles psychiatriques rendant l’examen difficile.
Contre-indications
Il existe un certain nombre de contre-indications à la réalisation d’une gastroscopie :
- troubles psychiatriques sévères ;
- état d’hystérie ou agitation incontrôlée ;
- cardiopathie ischémique sévère (stade III) ;
- période post-infarctus ou post-AVC ;
- déformations majeures de la colonne vertébrale ;
- anévrisme de l’aorte ;
- sténose gastrique.
Anamnèse du patient
Si l’état du patient est avancé, la gastroscopie est souvent inévitable, mais on peut parfois l’éviter aux stades précoces. Les gastro-entérologues commencent par recueillir l’anamnèse : ils étudient les plaintes du patient, la date d’apparition, l’intensité des douleurs et leur localisation.
Ensuite, le médecin procède à l’examen clinique. Savoir examiner correctement une personne représente 50 % du diagnostic. Par exemple, un abdomen ballonné peut évoquer une stase gastrique, alors qu’un abdomen pincé orientera vers un péritonite. Par la palpation, le praticien détermine le foyer douloureux, la présence d’une masse ou les limites de la lésion.
Test de Desmoid (épreuve sans sondage)
Parmi les méthodes d’exploration sans ingestion de sonde permettant d’évaluer l’activité du suc gastrique figure l’épreuve dite de Desmoid. Dans ce test, le patient n’avale pas de sonde mais un petit sachet contenant 0,15 g de bleu de méthylène. Ce colorant est sans danger pour l’organisme et est éliminé dans les urines. Au laboratoire, on évalue l’intensité de la coloration de l’urine : par exemple, si la première urine est de couleur bleu-vert, cela suggère une sécrétion gastrique élevée.
Échographie, IRM, radiographie
La radiographie de l’estomac est réalisée pour en déterminer la taille, la présence d’un corps étranger et pour évaluer la motricité gastrique. Avant l’examen, le patient ingère 250 ml de suspension de sulfate de baryum, car un estomac vide ne retient pas les rayons X.
L’estomac peut également être exploré par échographie ou par IRM. Ces examens ne nécessitent pas de préparation alimentaire particulière. Ils permettent d’apprécier l’épaisseur de la paroi gastrique, l’état des tissus et la présence éventuelle de masses tumorales.
Utilisation de la vidéocapsule
Jusqu’à récemment, la gastroscopie restait la seule méthode pour explorer l’intérieur de l’estomac (organe clef du système digestif). Elle permettait d’identifier les causes des affections, de poser un diagnostic précis et d’orienter le traitement. Mais cette méthode est parfois très inconfortable en raison de l’introduction de l’endoscope par la gorge et l’œsophage, et elle peut être contre-indiquée chez certains patients.
L’alternative est l’endoscopie par capsule vidéo : une gastroscopie sans ingestion de sonde où l’examen se fait au moyen d’une capsule vidéo ingérée par le patient.
Gastroscopie par capsule vidéo
Avant l’ingestion de la capsule vidéo, le patient doit se préparer : pendant 20 jours, il est recommandé de ne consommer qu’une alimentation mixée et liquide. Il est strictement interdit de manger des légumineuses, du chou ou d’alcool. Le matin, le patient se rend à la clinique à jeun et avale la capsule vidéo en la faisant suivre d’une petite gorgée d’eau. La procédure dure environ 8 heures. Pendant ce temps, la capsule traverse le tube digestif en photographiant et en mémorisant tout ce qu’elle rencontre.
Après l’ingestion, le patient rentre chez lui et poursuit ses activités habituelles. Au bout d’environ 8 heures, il revient au centre pour remettre les enregistrements et les images. Le médecin examine ensuite les données et peut poser un diagnostic et prescrire un traitement. La vidéocapsule est éliminée naturellement en général sous 48 heures, sans gêne pour le patient.
Principaux avantages de cette méthode
- Absence de contre-indications majeures ;
- fort pouvoir informatif ;
- sécurité.
Cependant, il existe des points négatifs : cette technique reste onéreuse et, si la capsule détecte un polype ou un saignement, elle ne peut rien faire sur le moment car il s’agit uniquement d’un examen diagnostique. Pour traiter de telles lésions, il est nécessaire de recourir à une gastroscopie classique.
En conclusion, il existe des méthodes moins inconfortables que la gastroscopie avec ingestion de sonde, mais sans biopsie il est impossible d’étudier complètement l’état de la muqueuse gastrique. Malgré certains inconvénients, l’endoscopie par capsule vidéo représente néanmoins un avenir prometteur pour l’exploration du tube digestif.
Nouveau commentaire