Chirurgie du coccyx : indications, techniques et suites
En règle générale, les sensations de brûlure et les douleurs au niveau du coccyx indiquent la présence d’une pathologie. Le traitement conservateur n’est pas toujours efficace, et il est souvent nécessaire de recourir à une intervention chirurgicale. Une opération du coccyx est généralement requise en cas de lésions traumatiques graves, d’anomalies congénitales ou lors d’un important processus inflammatoire.
Principaux types d’interventions chirurgicales :
- ablation du coccyx ;
- exérèse d’un kyste du coccyx ;
- excision d’un abcès ou d’une phlegmon dans la région sacro-coccygienne ;
- ablation d’une atherome ;
- traitement de l’ostéomyélite.
Opération d’ablation du coccyx
La coccygectomie est une méthode radicale de traitement des affections de la région coccygienne. L’ablation du coccyx est habituellement nécessaire en cas de traumatismes lorsque le traitement conservateur est peu efficace. Souvent, l’ablation est indiquée en cas d’ostéochondrose sévère du coccyx. En cas de luxation, on recourt en général au traitement conservateur, mais dans de rares cas une ablation partielle du coccyx peut être nécessaire. La coccygectomie est strictement indiquée en présence d’une mobilité pathologique diagnostiquée.
Indications
L’ablation du coccyx n’est réalisée que sur des indications strictes.
On distingue les indications suivantes pour cette opération :
- absence d’effet du traitement conservateur ;
- douleurs intenses insuffisamment soulagées par les analgésiques ;
- récidives fréquentes.
Technique
Avant l’intervention, un examen radiologique est nécessaire. L’opération se déroule en position ventrale sous anesthésie générale. La peau et le tissu sous-cutané sont incisés en couches au moyen d’un scalpel. Le chirurgien pratique une incision en forme de fer à cheval dans la région sacro-coccygienne.
La longueur de l’incision est de 10 cm, la partie convexe du « fer à cheval » étant dirigée vers l’orifice anal. Le chirurgien dissèque les muscles et les ligaments fixés au coccyx (sur sa face latérale) à l’aide du scalpel.
À l’étape suivante, on réalise une discectomie, c’est-à-dire la section du disque sacro-coccygien au moyen du scalpel. L’extrémité du coccyx est mobilisée à l’aide d’une pince pour la libérer des tissus mous. Après la coccygectomie, il est nécessaire d’enlever la partie inférieure du sacrum (0,5-1 cm).
Cette manœuvre est réalisée à l’aide d’une pince de type Liston. La moignon obtenu est arrondi à l’aide d’une râpe. Les vaisseaux sont ligaturés. La plaie est refermée par sutures. Une vidéo montrant le déroulement de l’intervention permet d’étudier la technique en détail.
Exérèse de kyste
Le kyste du coccyx est une anomalie congénitale localisée dans l’épaisseur de la peau de la région sacro-coccygienne. Le kyste consiste en un cordon tapissé d’épithélium. Cette pathologie nécessite une prise en charge chirurgicale car le kyste peut s’infecter. Plusieurs méthodes d’exérèse sont employées :
- avec plaie fermée ;
- avec plaie ouverte – ouverture et fixation des berges de la plaie au fond ;
- méthode de Bascom ;
- sinusectomie ;
- plastie par lambeau de transposition.
Méthode à plaie fermée
Le chirurgien excise complètement le kyste au scalpel, puis referme la plaie de façon hermétique en laissant un orifice pour le drainage. Des pansements quotidiens sont nécessaires et les fils sont retirés au bout de 2 semaines. L’inconvénient de cette technique est le risque élevé de récidive. Cette méthode n’est employée qu’en période de rémission, lorsque le risque de récidive est minimal.
Méthode à plaie ouverte
Cette technique présente une faible probabilité de récidive, mais elle entraîne davantage d’inconfort pour le patient. Après l’exérèse complète du kyste, la plaie n’est pas fermée hermétiquement ; elle est fixée au fond pour permettre un drainage naturel.
Méthode de Bascom
Cette technique est plus complexe. Le kyste est retiré sous-cutanément en partant de l’orifice primaire du trajet pilonidal jusqu’à l’orifice secondaire. Après l’ablation, l’orifice primaire est suturé et le drainage est assuré via l’orifice secondaire. Une vidéo illustre clairement le déroulement de cette intervention.
Sinusectomie
Cette méthode est efficace uniquement pour le traitement des kystes du coccyx non compliqués. La sinusectomie peut également être appliquée pour les formes chroniques en phase de rémission. Avant la procédure, le trajet épithélial du kyste est coloré au bleu de méthylène. La méthode consiste à introduire une sonde dans la cavité pathologique puis à effectuer une électrocoagulation à l’aide de la sonde.
Plastie par lambeau de transposition
Cette technique est plus complexe et plus longue, mais elle permet de réduire au maximum le risque de complications précoces et tardives. Le kyste est excisé, puis des incisions de relâchement sont pratiquées de part et d’autre des fesses. Le lambeau est amené au fond de la plaie et suturé aux ligaments sacro-coccygiens. Des sutures séparées referment les incisions complémentaires sur les fesses.
Traitement d’une inflammation purulente sévère
L’indication à une prise en charge chirurgicale est constituée par une inflammation purulente d’intensité moyenne à sévère qui ne répond pas au traitement conservateur.
On distingue deux variantes d’inflammation purulente :
- abcès ;
- phlegmon.
Un abcès est une zone d’inflammation bien délimitée où l’exsudat purulent est contenu dans une cavité. Si l’inflammation purulente est diffuse, on parle de phlegmon.
L’intervention chirurgicale pour les inflammations purulentes consiste en l’incision du foyer, son large débridement et son drainage. Tous les tissus nécrotiques sont retirés. Le traitement chirurgical est associé à une antibiothérapie. Après la résolution de l’infection purulente, une plastie cutanée est réalisée.
Abord de l’athérome
L’athérome résulte de l’obstruction du conduit d’une glande sébacée. Il s’agit d’un kyste rempli de sécrétion sébacée. L’ablation de l’athérome est exclusivement chirurgicale. Des méthodes modernes telles que le laser et la radiofréquence sont souvent utilisées. Toutefois, l’exérèse classique s’avère également très efficace. On incise les tissus au scalpel et on retire l’athérome. Il est important d’extraire complètement la capsule, faute de quoi une récidive est possible. L’intervention est relativement simple et dure environ 20 à 25 minutes. Elle se réalise généralement sous anesthésie locale.
Traitement de l’ostéomyélite
Souvent, l’ostéomyélite constitue une indication à une intervention sur le coccyx. L’ostéomyélite correspond à une inflammation de la moelle osseuse et des tissus osseux environnants. Cette maladie s’accompagne fréquemment de la formation de trajets fistuleux par lesquels s’évacue l’exsudat purulent. Le traitement de l’ostéomyélite ne se limite pas à des mesures conservatrices et requiert une prise en charge chirurgicale. Outre l’antibiothérapie, on procède au débridement des trajets fistuleux et au retrait des séquestres. Souvent, l’ablation du coccyx est nécessaire.
Contre-indications à l’intervention
On distingue les contre-indications suivantes :
- pathologie qui ne nécessite pas d’intervention chirurgicale et peut être traitée de manière conservatrice ;
- maladies auto-immunes ;
- affections hématologiques (notamment des troubles de l’hémostase) ;
- maladies cardiaques graves ;
- affections oncologiques ;
- intolérance à l’anesthésique ;
- maladies hépatiques sévères.
Complications possibles
En général, les interventions sur le coccyx se déroulent avec succès et n’entraînent pas de conséquences graves. Après l’opération, le patient ressentira des douleurs, mais le médecin prescrira des antalgiques qui amélioreront le confort. Les patients se plaignent parfois de douleurs légères au niveau de la colonne vertébrale. Il s’agit d’un phénomène postopératoire normal qui disparaît rapidement. Dans de rares cas, d’autres complications plus graves peuvent survenir.
- Conséquences de l’anesthésie. La plupart des opérations se réalisent sous anesthésie générale. Une complication fréquente liée à l’anesthésie est une réaction allergique. Pour l’éviter, il est nécessaire de connaître l’anamnèse allergique du patient. Un autre effet secondaire de l’anesthésie par intubation est le mal de gorge, généralement transitoire.
- Hémorragie due à la lésion de vaisseaux. Les gestes chirurgicaux doivent être effectués avec la plus grande prudence.
- Lésions nerveuses.
- Complications infectieuses. Le risque est minimal car l’intervention respecte les règles d’asepsie et le patient reçoit des antibiotiques en postopératoire.
- Complications pulmonaires. Un autre risque possible est la survenue de troubles de la ventilation pulmonaire, lié au fait que la plupart des interventions s’effectuent sous anesthésie générale. Pour prévenir ces complications, on recommande des exercices respiratoires en postopératoire.
Si l’intervention est réalisée par un chirurgien expérimenté et adaptée aux caractéristiques individuelles du patient, le risque de complications postopératoires demeure faible.
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