Phalloplastie : techniques, indications et réhabilitation
Les techniques de chirurgie plastique évoluent chaque année. De plus en plus de personnes s’intéressent aux possibilités de modifier leur corps, et pour certains cela devient une habitude. La chirurgie des organes génitaux, chez les femmes comme chez les hommes, n’en est pas exclue. La phalloplastie est une intervention microchirurgicale qui exige le savoir-faire du chirurgien et vise à résoudre les problématiques de l’homme.
Elle n’est pratiquée que pour un certain nombre d’indications médicales, malgré la volonté de modifier ce que la nature a donné.
Causes de la phalloplastie
Il existe un ensemble d’indications médicales particulières pour lesquelles la phalloplastie est réalisée. La condition principale est d’évaluer tous les bénéfices attendus après l’intervention ainsi que les menaces et risques potentiels.
La phalloplastie est pratiquée dans les cas suivants :
- en présence d’anomalies congénitales ou acquises du développement du pénis : hypospadias, courbure due à un traumatisme, maladie de La Peyronie entraînant une prolifération tissulaire (photo);
- présence de formations cancéreuses malignes nécessitant une exérèse;
- traumatismes, blessures, amputation du pénis.
La phalloplastie est indiquée dans des situations nécessitant une circoncision (ablation du prépuce) à la suite d’un balanite. Un prépuce soudé ou une bride peuvent se déchirer lors d’un rapport sexuel et entraîner des douleurs intenses pour le patient (photo des conséquences). La circoncision est également pratiquée pour des motifs religieux ou esthétiques.
Contre-indications à l’intervention :
- maladies cardiovasculaires;
- maladies sexuellement transmissibles actives;
- tuberculose.
L’objectif principal de l’intervention est la création d’un néophallus, avec la restauration maximale possible des fonctions liées à la miction et le retour d’une vie sexuelle complète pour l’homme.
Types d’interventions pour la reconstruction du pénis
Aujourd’hui, les travaux reconstructifs en vue de restaurer le pénis sont réalisés selon la technique du lambeau thoracodorsal (lambeau radial). La méthode la plus efficace est l’autotransplantation tissulaire réalisée par microchirurgie.
Caractéristiques de la phalloplastie totale
Le lambeau thoracodorsal est prélevé sur le côté, dans la région du dos à gauche. Anatomiquement, les muscles grand dorsal s’y trouvent. On procède au repérage, puis au prélèvement du lambeau. Pour restaurer l’innervation, on prélève un des nerfs moteurs concernés. Le pénis est formé selon un patron prédéfini. La taille est discutée au préalable avec le patient. Le fragment de lambeau est roulé en tubulure, puis le site donneur est refermé. (Photo montrant l’élaboration du patron à partir des tissus du patient.)
Ensuite, lors d’une deuxième étape, on prépare le site de fixation du néophallus sur le pubis. Les muscles sont suturés et le néophallus est positionné au niveau de la jonction ostéopubienne. Si l’intervention s’inscrit dans un cadre de changement de sexe, le clitoris peut être déplacé vers la base ou vers la tête du néophallus. Ces manipulations visent à préserver la sensibilité nécessaire à la vie sexuelle et à l’atteinte de l’orgasme.
Après fixation du néophallus, des travaux microvasculaires sont réalisés sur les veines et artères. Le nerf prélevé est anastomosé aux nerfs moteurs de la cuisse par microchirurgie. Les plaies sont ensuite refermées. Le chirurgien vérifie le bon rétablissement de la circulation et de l’innervation avant de conclure. (Photo montrant l’apparence de l’organe après l’opération.) La phalloplastie permet d’obtenir un résultat qui, visuellement et tactilement, peut être difficile à distinguer d’un organe natif.
Au bout de six mois, une restauration possible de la miction, de la rigidité liée à une simulation d’érection et de la formation du gland peut être envisagée.
Intervention par la méthode du lambeau radial
Le greffon cutané pour cette procédure est prélevé sur la face antérieure de l’avant-bras. La phalloplastie par lambeau radial permet de réaliser simultanément la reconstruction de la forme et la plastie de l’urètre. Il n’est pas nécessaire d’attendre six mois pour la suite de la prise en charge, car le lambeau comporte deux surfaces cutanées séparées par une zone dépigmentée au milieu, entre lesquelles est formée l’urètre. (Photo montrant le marquage sur l’avant-bras.)
Le lambeau est ensuite suturé et positionné sur la zone préparée au-dessus de la symphyse pubienne. La nouvelle urètre est raccordée à l’urètre du patient, le nerf radial est anastomosé au nerf pénien, et des sutures vasculaires reliant veines et artères sont effectuées avec les vaisseaux épigastriques. La zone donneuse est recouverte d’une autodermie prélevée sur la cuisse.
La phalloplastie garantit qu’après six mois les fonctions se restaurent progressivement. Les témoignages de patients évoquent un haut taux de réussite et un minimum de rééducation après l’intervention, sans complications majeures.
Dans l’un ou l’autre des cas présentés, des endoprothèses vasculaires peuvent être posées dans les muscles ou sous-cutanément après environ trois mois. La phalloplastie permet également l’implantation d’une prothèse semi-rigide favorisant la simulation d’érection. Cette opération en deux temps est souvent plus efficace, moins traumatisante et permet de restaurer complètement le pénis et ses fonctions principales en l’espace d’un an. À l’issue, un observateur non averti pourrait confondre l’organe reconstruit avec un pénis naturel.
Sous l’influence de la mode
De nos jours, influencés par les médias, certains hommes peuvent décider d’augmenter de toute urgence la taille ou le volume de leur pénis pour le rendre plus impressionnant, malgré des avis négatifs. Cette idée est erronée. En l’absence d’indications médicales, la phalloplastie n’est pas recommandée et peut être nuisible.
On entend parfois proposer d’injecter du botox ou des matériaux synthétiques pour augmenter le volume, ce qui comporte des risques. Si un homme ressent un complexe, il est préférable de consulter un psychothérapeute ou un psychologue clinicien pour discuter des conséquences d’une microchirurgie radicale. Des photos détaillant les étapes opératoires permettent de mieux comprendre l’intervention.
Il est essentiel de travailler sur ses complexes et sur l’estime de soi : la confiance en soi et la valorisation personnelle aident souvent à résoudre le problème sans recourir à une intervention chirurgicale risquée. Une phalloplastie n’améliorera pas un sentiment profond d’infériorité et peut entraîner des conséquences graves pour la santé et la vie future.
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