Hirudothérapie : bienfaits, indications, risques et méthode

La thérapie par les sangsues est une méthode naturelle ancienne aux multiples bienfaits : amélioration de la circulation, action anti-inflammatoire et régénératrice.

De nos jours, le nombre de maladies recensées dans le monde est immense. Plus leur diversité augmente, plus les méthodes de traitement deviennent variées, et chaque année de nouvelles approches apparaissent. Pourtant, certaines techniques nous viennent de temps très anciens, comme la thérapie par les sangsues, appelée hirudothérapie.

Dans l’Antiquité, alors que la médecine en était à un niveau rudimentaire, les gens se soignaient avec ce que la nature leur offrait. C’est à cette époque qu’on remarqua déjà que les sangsues pouvaient exercer un effet bénéfique sur la santé humaine.

Découverte des sangsues

Les sangsues appartiennent à la classe des annélides. Parmi leurs proches parents, elles sont les seules prédatrices. Il en existe plus de 400 espèces dans le monde, environ 80 en France et en Europe, mais une seule est utilisée en médecine : la sangsue médicinale.

Elle mesure environ 5 centimètres, bien que certains spécimens puissent être plus grands. Son corps est divisé en segments, caractéristique de son groupe zoologique. Il existe deux sous-espèces de sangsues médicinales :

  • la sangsue thérapeutique, vivant à l’état naturel ;
  • la sangsue de pharmacie, élevée spécialement pour un usage médical.

La différence entre ces deux types est minime, notamment en ce qui concerne leurs propriétés thérapeutiques.

Thérapie par les sangsues

L’hirudothérapie, ou traitement par les sangsues, est une procédure totalement inoffensive pour l’être humain, puisqu’elle ne nécessite aucun médicament. Lorsqu’on place une sangsue sur un point précis du corps, elle injecte, en se fixant, des substances biologiquement actives qui exercent un effet thérapeutique.

Si vous décidez de tester l’hirudothérapie, sachez que ses bienfaits sont nombreux. Voici les principaux effets positifs observés :

  • les vaisseaux sanguins se nettoient des caillots ;
  • le sang devient moins visqueux, réduisant ainsi le risque de thrombose ;
  • la pression artérielle diminue ;
  • les dépôts graisseux s’estompent ;
  • les centres nerveux fonctionnent plus activement ;
  • le système immunitaire se renforce ;
  • la régénération des tissus s’accélère ;
  • les processus inflammatoires sont freinés.

La salive des sangsues contient de nombreuses substances bénéfiques, certaines ayant un effet analgésique. Ainsi, 10 à 15 minutes après la fixation de la sangsue, la douleur disparaît.

Ce ne sont pas uniquement les substances présentes dans la salive qui sont bénéfiques. La perte de sang, bien que minime, contribue à soulager les vaisseaux, ce qui aide à normaliser la pression artérielle.

On souligne également que les sangsues ne se fixent pas au hasard : elles trouvent souvent d’elles-mêmes les points correspondant aux projections des organes internes.

Hirudothérapie – indications

Comme toute méthode thérapeutique, l’hirudothérapie possède ses indications et contre-indications. Voici une liste non exhaustive de maladies pour lesquelles elle peut être très efficace :

  • hémorroïdes ;
  • thrombophlébite ;
  • hypertension ;
  • athérosclérose ;
  • angine de poitrine ;
  • prévention des AVC et infarctus ;
  • sinusite et otite ;
  • adhérences dans la cavité abdominale (avec bonne localisation des points) ;
  • gastrite et inflammation du pancréas ;
  • cholécystite ;
  • maladies du foie ;
  • troubles de la vésicule biliaire ;
  • colite ;
  • insomnie ;
  • migraines ;
  • névroses ;
  • dépression ;
  • fatigue chronique ;
  • troubles gynécologiques ;
  • problèmes de la sphère masculine.

L’hirudothérapie améliore également l’état des patients souffrant de maladies dermatologiques telles que l’eczéma, le psoriasis ou les furoncles.

Les substances actives injectées améliorent la circulation sanguine, réduisent les dépôts graisseux et contribuent à raffermir la peau. Après plusieurs séances, la peau devient plus lisse et le teint s’éclaircit. Cependant, pour un résultat optimal, il est conseillé d’adopter une alimentation riche en fruits et légumes et de revoir son mode de vie.

Il est important de rappeler que la thérapie par les sangsues n’est bénéfique que si elle est pratiquée par un spécialiste connaissant parfaitement les points d’application.

Hirudothérapie – contre-indications

Si cette méthode est utilisée malgré la présence de contre-indications, elle peut nuire au lieu d’aider. Voici les principales situations dans lesquelles l’hirudothérapie est interdite :

  1. maladies du sang, comme l’hémophilie ;
  2. anémie ;
  3. hypotension ;
  4. grossesse ;
  5. menstruations ;
  6. maladies oncologiques ;
  7. diathèse hémorragique ;
  8. intolérance individuelle à la salive de sangsue.

Avant d’entamer un traitement, il est donc indispensable de consulter un médecin pour éviter les complications. Même si vous pensez ne présenter aucune contre-indication, cela ne signifie pas que la procédure doit être réalisée sans supervision professionnelle.

L’hirudothérapie peut-elle être dangereuse ?

Comme toute méthode thérapeutique, l’hirudothérapie peut causer du tort si elle est mal appliquée. Le risque principal survient lorsque l’on utilise des sangsues sauvages. Bien qu’elles puissent avoir un effet thérapeutique, elles sont susceptibles de transmettre des infections.

L’hirudothérapie à domicile n’est autorisée qu’avec des sangsues médicinales achetées en pharmacie.

Il est déconseillé d’utiliser trop de sangsues lors de la première séance : trois ou quatre suffisent pour observer la réaction du corps. Un excès pourrait nuire.

Dans certains cas, malgré l’absence de contre-indications, une sensation de brûlure, de démangeaison, de maux de tête ou de nausées peut survenir pendant la séance. Le traitement doit alors être interrompu immédiatement.

Méthodologie de pose des sangsues

Si vous décidez d’expérimenter l’hirudothérapie, le spécialiste peut vous proposer deux méthodes :

  1. les sangsues se fixent sur les points biologiquement actifs et se détachent seules lorsqu’elles sont rassasiées ;
  2. la sangsue est retirée plus tôt pour éviter une perte de sang excessive.

Avant la séance, il est recommandé de consulter un médecin, qui expliquera les règles à respecter. Avant le traitement, il est préférable :

  • de ne pas se doucher ;
  • de ne pas utiliser de parfum ni de produits cosmétiques ;
  • de retirer le maquillage ;
  • de ne pas fumer ;
  • d’éviter l’alcool ;
  • de ne pas faire d’effort physique important.

Si toutes les règles sont respectées, la séance peut commencer.

Déroulement de la séance

Avant d’appliquer les sangsues, le spécialiste nettoie la peau du patient avec de l’alcool puis de l’eau chaude, ce qui élimine les odeurs et améliore l’adhérence. En présence de poils, ceux-ci doivent être rasés. Ensuite, la peau est soigneusement séchée.

La séance dure entre 30 et 90 minutes, en fonction du problème à traiter.

Les sangsues sont prises avec une pince et placées sur les points d’application. Une fois la première fixée, on peut poser la suivante. Les mouvements de contraction de la sangsue indiquent qu’elle a commencé à aspirer le sang.

Quand elle est rassasiée, elle se détache d’elle-même. Si l’on souhaite l’enlever plus tôt, on peut passer un coton imbibé d’alcool à côté d’elle : cela la fait immédiatement lâcher prise.

La zone de morsure saigne légèrement : il faut donc la protéger avec un pansement stérile.

Systèmes de pose des sangsues

Les schémas d’application varient en fonction des pathologies. Un spécialiste expérimenté adapte toujours la disposition en fonction des maladies principales et associées.

Bien que les sangsues choisissent parfois elles-mêmes les zones de fixation, certaines règles générales existent :

  1. En cas de thrombophlébite, les sangsues se placent sous la veine atteinte, mais jamais sur une zone où la peau est trop fine.
  2. En cas d’inflammation, elles se posent directement sur la zone concernée ou autour.
  3. Pour les maladies oculaires, on place les sangsues au niveau des tempes.
  4. Pour les troubles du foie ou de la vésicule biliaire, elles se posent sous l’hypochondre droit.
  5. Pour les douleurs nerveuses périphériques, elles sont placées sur les zones douloureuses.
  6. Pour les pathologies articulaires, elles se placent autour des articulations.
  7. Pour les maladies de peau, elles se posent directement sur les zones touchées.
  8. En cas de problèmes rénaux, elles se placent au-dessus de la région lombaire.
  9. En cas d’hypertension, la pose derrière les oreilles peut améliorer l’état du patient.

Si vous souhaitez pratiquer l’hirudothérapie chez vous, il est impératif de consulter d’abord un spécialiste afin d’éviter tout risque inutile.

En respectant toutes les recommandations, vous pouvez être sûr que l’hirudothérapie vous apportera uniquement des bienfaits. Santé et réussite dans votre traitement.

Dr. Claire Fontaine
Pharmacologue
claire.f@tonpharmacien.fr
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Questions fréquemment posées (FAQ)

Quels sont les principaux bienfaits de l’hirudothérapie ?
L’hirudothérapie améliore la circulation sanguine, réduit la viscosité du sang, diminue la pression artérielle, stimule l’immunité et favorise la régénération des tissus. Les substances injectées par la sangsue exercent également un effet anti-inflammatoire.
Dans quels cas la thérapie par les sangsues est-elle indiquée ?
Elle est utilisée pour traiter l’hypertension, l’athérosclérose, les troubles veineux comme les hémorroïdes ou la thrombophlébite, ainsi que certaines maladies digestives, hépatiques, ORL, nerveuses ou dermatologiques. Elle peut aussi aider en prévention des AVC et infarctus.
Quelles sont les contre-indications majeures de l’hirudothérapie ?
Les principales contre-indications sont l’hémophilie, l’anémie, l’hypotension, les maladies oncologiques, la grossesse, les menstruations, la diathèse hémorragique et l’allergie à la salive de sangsue. Une consultation médicale est indispensable.
L’hirudothérapie peut-elle être dangereuse ?
Elle peut l’être si les règles d’application ne sont pas respectées, notamment en utilisant des sangsues sauvages ou en posant trop de sangsues dès la première séance. Si des symptômes comme brûlures, démangeaisons ou nausées apparaissent, il faut interrompre immédiatement la séance.
Comment se déroule une séance d’hirudothérapie ?
La peau est nettoyée, les sangsues sont placées sur des points biologiquement actifs et se détachent d’elles-mêmes une fois rassasiées. Une séance dure entre 30 et 90 minutes et se termine par la pose d’un pansement stérile sur la zone traitée.