Vertébrorévithologie : méthode non chirurgicale de réhabilitation rachidienne
Dans de nombreux pays développés, les maladies des os, des muscles et du tissu conjonctif représentent une part importante de la morbidité. Leur propagation a pris des proportions quasi pandémiques, posant un réel défi thérapeutique.
Après les infections respiratoires aiguës, les douleurs du rachis et des articulations sont parmi les motifs les plus fréquents de consultation. Les méthodes existantes ne donnent pas toujours les résultats escomptés.
Des équipes de recherche aux États-Unis, au Japon et au Canada mènent des études avancées dans ce domaine. Un nouveau concept thérapeutique pour l’ostéochondrose a été proposé et breveté par le professeur académicien I.M. Danilov sous le nom de vertébrorévithologie.
La vertébrorévithologie
La vertébrorévithologie se présente comme une science dédiée à « redonner la vie » à la colonne vertébrale. Lorsqu’une physiothérapie ou un traitement médicamenteux standard n’apporte pas d’amélioration, la vertébrorévithologie vise à atteindre l’objectif principal du traitement de l’ostéochondrose : la restauration de la biomécanique globale et des segments vertébraux endommagés.
Les approches conventionnelles qui ne traitent que les symptômes et non la dégénérescence discale tendent à prolonger le processus thérapeutique. La thérapie manuelle seule peut, dans certains cas, aggraver la situation et accélérer la progression de la pathologie. L’intervention chirurgicale, quant à elle, peut perturber l’équilibre biomécanique du rachis. De même, des traitements conservateurs prolongés tels que la traction peuvent induire des modifications ligamentaires et une ossification secondaire, aggravant le rétrécissement (sténose) et le syndrome radiculaire.
La vertébrorévithologie propose une alternative non chirurgicale consistant en la transposition ligamentaire et articulaire contrôlée du complexe rachidien. Cette méthode manuelle corrective est présentée comme une option de substitution à la chirurgie pour certaines hernies discales.
Des résultats positifs ont été rapportés, y compris une restauration partielle de la hauteur discale documentée en IRM, une différenciation retrouvée de la structure du noyau pulpeux et une amélioration des fonctions biochimiques du segment moteur. Ces observations ont été interprétées comme un signe de capacité réparatrice tissulaire retrouvée.
Lorsque la dégénérescence discale est incomplète, le processus destructeur peut toutefois se poursuivre à d’autres niveaux et nécessiter une réévaluation thérapeutique.
Indications de la méthode non chirurgicale (vertébrorévithologie)
Il convient de définir les situations où cette méthode peut être utile :
- rééducation du rachis et traitement du scoliose chez l’adolescent par la restauration des fonctions ligamentaires et articulaires ;
- corrections non chirurgicales des déformations rachidiennes telles que scolioses, cyphoses et cyphoscolioses compliquées d’une myélopathie spondylogène ;
- prise en charge des hernies discales d’origine discogène par réhabilitation fonctionnelle du complexe ligamentaire et articulaire ;
- réadaptation non chirurgicale des patients porteurs de hernie discale pour améliorer la fonction segmentaire ;
- utilisation dans des troubles associant lombalgie et dysfonction sexuelle masculine liée à l’atteinte lombaire ;
- traitement conservateur du spondylolisthésis par restauration manuelle des rapports ligamentaires et articulaires ;
- prise en charge des récidives post-opératoires d’extrusion du noyau pulpeux ;
- traitement des affections dégénératives-dystrophiques du rachis.
Procédures préparatoires obligatoires
Le praticien spécialisé en vertébrorévithologie doit réaliser un ensemble d’actes préparatoires :
- évaluer le degré et la topographie des lésions discales et ligamentaires ;
- repérer les contre-indications éventuelles aux manipulations manuelles ;
- effectuer des séances de massage thérapeutique préparatoire ;
- lever les limitations de mobilité des corps cartilagineux ;
- relâcher les muscles courts contracturés.
Principales manipulations thérapeutiques
Après la préparation, le praticien intervient sur le rachis thoracique au niveau de l’angle de déformation. La phase suivante porte sur le segment lombaire avec une distraction latérale ciblée du segment moteur. Une transposition du segment articulé arco-lamellaire est réalisée pour restaurer sa position normale.
La méthode se déroule de façon symétrique et graduée du côté opposé selon un protocole de distraction dosée, de repositionnement articulaire et de stabilisation du segment moteur.
La vertébrorévithologie existe depuis près de vingt ans depuis sa formalisation par I.M. Danilov. Elle mérite un examen attentif au regard des risques liés aux déformations rachidiennes et aux conséquences neurologiques potentielles.
Risques des troubles rachidiens et options thérapeutiques
Les déformations thoraciques et lombaires (cyphoses, scolioses) peuvent entraîner une myélopathie spondylogène et des troubles ischémiques de la moelle. Le mécanisme repose sur l’altération du flux sanguin alimentant la moelle, soit par étirement vasculaire, soit par compression directe par des structures osseuses déformées. Ces altérations peuvent conduire à des lésions irréversibles si elles ne sont pas traitées en temps utile.
La transposition chirurgicale de la moelle peut être envisagée avant l’installation d’un dommage tissulaire irréversible pour restaurer la perfusion médullaire. Cependant, cette intervention corrige les complications plutôt que la déformation elle-même.
L’intérêt principal de la vertébrorévithologie réside dans la possibilité de restaurer la biomécanique du rachis sans recours initial à la chirurgie et de stimuler des processus de régénération discale dans certains cas sélectionnés.
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